Prescription directe par les kinésithérapeutes : le nouveau cadre des 58 dispositifs médicaux
Un arrêté publié mi-septembre 2026 redessine le champ de la prescription kinésithérapique en France: selon Physio Learning, le texte du 14 septembre fixe une nouvelle liste de 58 dispositifs médicaux…

Un arrêté publié mi-septembre 2026 redessine le champ de la prescription kinésithérapique en France: selon Physio Learning, le texte du 14 septembre fixe une nouvelle liste de 58 dispositifs médicaux et produits de santé que les masseurs-kinésithérapeutes peuvent désormais prescrire directement. Pour le patient, c'est un changement concret: la location de certains appareils de neurostimulation, d'électrostimulation neuromusculaire, d'arthromoteurs et d'équipements de cryocompression entre dans un circuit simplifié, sans repasser systématiquement par le médecin traitant.
Ce qui change concrètement au cabinet
Jusqu'ici, équiper un patient à domicile avec un TENS ou un arthromoteur impliquait souvent un aller-retour avec le médecin, un délai, parfois un renoncement. Avec cette liste à 58 produits, le kinésithérapeute devient l'interlocuteur direct pour évaluer la pertinence de l'appareil, le louer, et accompagner son patient dans les réglages et la fréquence d'utilisation.
Quatre familles d'équipements sont particulièrement concernées, et chacune répond à des situations cliniques bien identifiées:
- La neurostimulation TENS, mobilisée pour atténuer les douleurs musculo-articulaires en complément du travail manuel.
- L'électrostimulation neuromusculaire (NMES), utile pour réveiller un muscle atrophié après une immobilisation ou une chirurgie.
- Les arthromoteurs, qui accompagnent la récupération d'amplitude après une intervention sur le genou ou l'épaule.
- La cryocompression, de plus en plus utilisée pour gérer l'œdème et l'inflammation post-traumatiques.
Pour le praticien, c'est un levier supplémentaire pour personnaliser le protocole sans attendre une consultation complémentaire. Pour le patient, cela fluidifie le parcours — à condition que l'indication soit posée en amont.
Du bon usage à la vigilance clinique
Cette ouverture ne signifie pas que tout appareil devient automatiquement indiqué. En cabinet, on le constate chaque semaine: un TENS mal réglé ou posé sur une zone contre-indiquée peut aggraver la situation plutôt que la soulager. De même, un arthromoteur prescrit sans bilan préalable risque de forcer une amplitude que l'articulation n'est pas prête à récupérer.
La règle reste la même que pour tout outil de rééducation: l'appareil ne remplace pas le bilan kinésithérapique, il le prolonge. Le praticien évalue la mobilité, la douleur, le stade de cicatrisation ou d'inflammation, puis détermine si l'usage à domicile s'inscrit dans une logique de progressivité — pas de raccourci.
Quelques réflexes utiles côté patient:
- Demander au kiné une démonstration et un protocole écrit (durée, fréquence, positionnement des électrodes ou de l'attelle).
- Signaler toute sensation anormale: picotements persistants, douleur aiguë, rougeur cutanée.
- Ne pas cumuler les appareils sans avis professionnel: superposition de stimulations ou de froid peut saturer les tissus.
À suivre dans les prochaines semaines
L'arrêté pose le cadre, mais sa mise en application dépendra des modalités de prise en charge et de l'appropriation par les cabinets. Reste à observer comment les praticiens s'empareront concrètement de ces 58 produits, et quels critères de location ou d'achat se dessineront selon les indications cliniques.
Dans un mouvement parallèle, le Conseil des ministres belge a approuvé mi-septembre un projet d'arrêté royal encadrant l'accès direct à la kinésithérapie sans prescription médicale, limité aux affections musculosquelettiques et plafonné à sept séances par pathologie et par an — un signal que la tendance européenne va vers une autonomisation accrue du kinésithérapeute, sans pour autant court-circuiter le bilan clinique qui reste la clé de voûte de toute prise en charge.